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mardi 23 août 2016

KAREN BLIXEN : Les rêveurs



Après ma déception du roman de Dominique de Saint-Pern, j'ai eu envie de lire un conte de Karen Blixen intitulé : Les rêveurs tiré des"sept contes gothiques". Première publication des Contes Gothique sous le pseudonyme masculin d'Isak Dinesen publié en 1934  en anglais et ensuite publié l'année suivante en danois. 

Traduction France Gleizal révisée par Colette Marie Huet

Sur un bateau, trois hommes discutent. Un anglais Lincoln Forsner  se confie. Il raconte à ses compagnons une étrange histoire qui lui est arrivé. il a aimé une femme Olalla, travaillant dans une maison close à Rome.   C'est une femme étrange, plein de mystère car elle n'a pas d'ombre. 
 " N'as-tu pas remarqué, carissimo, dit-elle que je n'ai pas d'ombre ? Je l'ai vendue au diable un jour , pour avoir la paix, pour m'amuser un peu. Ta pénétration habituelle devrait te permettre de comprendre sans peine que cet individu est tout simplement mon ombre , avec laquelle je n'ai plus rien de commun. Le diable la laisse parfois se promener ; alors, comprends-tu , elle essaie de revenir se coucher à mes pieds , comme elle avait coutume de le faire ."
À la même époque, il fait la connaissance d'un homme juif du nom de Marcus Cocoza. " j'avais le certitude que c'était la vue du vieux Juif qui avait mis Olalla en fuite. Sorcier, diable ou esprit malin, il tenait d'une manière ou d'une autre cette belle femme en son pouvoir."
 Lincoln est fou d'amour pour Olalla,  il était prêt à tout abandonner mais elle s’est enfuie.  
Il part à sa recherche à travers l’Europe. Un soir dans un hôtel en Suisse, il rencontre un vieil ami à lui, Pilote.Ce dernier est également à la recherche d’une femme. Il va conter son histoire à notre héros et les détails que donne l’ami ne laissent pas de doute, ils ont aimé la même femme, mais celle-ci avait changé d’identité.  " Ce n'étais pas le juif qu'elle fuyait c'était moi." Le juif Marcus Cocoza raconte qui est Pellegrina Leoni. Cette femme était une cantatrice d’exception qui a perdu sa voix dans l’incendie d’un théâtre à Milan. Depuis sa vie n’est plus qu’une succession d’identités, elle passe son temps à se réinventer envoutant les hommes sur son passage. " Comme nous nous étions rencontrés à Venise et que je m'appelle Marcus, elle se prétendait ma lionne. C'est bien ce qu'elle était : une lionne ailée. Du monde entier, j'étais seul à la connaître. " " Malgré sa vive intelligence, elle était, en effet , une incorrigible Don Quichotte femme." La femme au centre de ce récit est une magicienne, une déesse douée du don de métamorphose, mais tellement malheureuse qu'elle n'est plus qu'une carcasse sans âme et sans coeur. Une sorte de zombie sous la plus belle des apparences.

Dans ce conte, le lecteur fait la connaissance d'un personnage énigmatique de l'univers de Karen Blixen Pellegrina Leoni."Une vision s'imposa à Karen.Un visage. il était délicat , émouvant et superbe, deux lacs sombres pour les yeux. Le visage de Pellegrina. Pellegrina Leoni l'obsédait depuis bien des nuits. Le jour, Karen tenait de lui donner chair, à sa table de travail. " (Baronne Blixen Dominique de Saint Pern)
L'écriture de Karen Blixen est  complexe mais elle a l'avantage de nous faire réfléchir. Le lecteur doit faire un effort pour s'approprier l'histoire. 
" La complexité des histoires d'amour que conte Karen Blixen tien précisément à ce qu'elle semble dans un premier temps adhérer aux stéréotype de l'amour parfait des rois et des princesses, à l'exaltation des vies hors du communs, des destins extraordinaires. "(Geneviève Brisac La marche du cavalier)



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