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mercredi 20 janvier 2016

OCTAVE MIRBEAU : Le journal d'une femme de chambre

En ce début d'année, je découvre l'écriture d'Octave Mirbeau. 
Je ne connaissais que de nom, et bien c'est une très belle surprise !
"J'adore servir à table. C'est là qu'on surprend ses maitres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents, d'abords, et se surveillant l'un l'autre, ils en arrivent, peu à peu, à se révéler, à s'étaler tels qu'ils sont, sans fard et sans voiles, oubliant qu'il y a autour d'eux quelqu'un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existence, tout ce qui peut contenir d'infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens."
Le roman relate l'histoire d'une jeune femme de chambre, Célestine . Elle est  engagée depuis peu dans une belle demeure  normande. Elle  découvre alors les habitudes d'un petit village et de ses habitants, nous délivrant également ses pensées sur ses nouveaux « maîtres » et les autres employés, une cuisinière, Marianne et un jardinier-cocher, Joseph, un antisémite très étrange qui fascine Célestine et le dégoute à la fois. Est ce que c'est lui qui a tué la petite Claire ? Le doute s'installe chez Célestine.  
Elle évoque aussi ses autres place comme celle de M.Georges, un jeune homme atteint d'une maladie incurable dont Célestine s'occupera avec ferveur, jusqu'à en devenir passionnément amoureuse. C'est une place qu'elle a beaucoup apprécié.  Enfin, Célestine n'épargne passes maîtres, et plus généralement les bourgeois, et autres familles riches. 

Octave Mirbeau publie "Le journal d'une femme de chambre" en 1900 à l'aube du XXième siècle,  avec une première version en feuilleton dans l'Echo de Paris dix ans plus tôt.

Ce journal est une magnifique étude social sur la condition  des domestiques qui m'a fait penser aussi au rapport entre maître et valet chez Marivaux.  
Cette lecture permet de se  replonger  dans une littérature qui est pour ma part séduisante celle de  Maupassant, Flaubert, Zola, et d'autres écrivains de cette époque. 


J'ai eu l'occasion de voir les deux adaptations pour le cinéma celle de Luis Bunuel et celle de Benoit Jacquot. Deux versions très différentes l'une de l'autre. J'ai aimé la version de Bunuel pour son esthétisme, et celle de Benoît Jacquot pour sa fidélité à l'œuvre d'Octave Mirbeau. 



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