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lundi 4 mars 2013

VIRGINIA WOOLF : La Maison de Carlyle

Voir ici plusieurs photos de la maison  Carlyle
Traduit par Agnès Desarthe
Préface de Geneviève Brisac
Introduction et les nombreux commentaires sont de David Bradshaw



Virginia Woolf évoque la maison "Musée" de Thomas  (1795- 1881) et Jane Carlyle 
( 1801- 1866) à Cheyne Row. Maison qu'elle connait très bien elle est allée deux fois une première fois avec son père et la deuxième avec sa sœur et Hester Ritchie. La troisième visite se situe après la demande en mariage de Lytton Strachey. " Elle déclara qu'elle n'était pas amoureuse de moi et je répondis que finalement je ne l'épouserais pas. Les choses sont donc  simplement revenues à la normale", confia Strachey à son vieil ami Leonard Woolf."  Le père de Virginia Woolf, Leslie Stephen  avait été le président du comité des fonds destinés à l'achat de la maison entre 1894 et 1895. Carlyle était proche de la famille Stephen plus particulièrement avec Sir James fitzjames Stephen (1829-1894).
 Jane Carlyle
 Voilà comment elle décrit la maison : " La maison est claire et aérée ; mais c'est un endroit silencieux et qui exige un effort d'imagination pour être ramené à la vie  - on doit se concentrer sur toutes ses brillantes petites "ingéniosités " et se représenter, d'une manière ou d'une autre, la haute silhouette efflanquée de monsieur penché ou s'adossant, pipe en main ; il faut entendre des éclats de voix, tous timbrés d'accent écossais , et le gros rire de gorge". Jane et Thomas Carlyle sont comme ses fantômes, elle est habité par eux. 

Autres esquisses  dans ce recueil édité au Mercure de France

Amber Reeves
Miss Reeves
C'est Amber Reeves, elle fut la maitresse de H.G Wells avec qui elle eut un enfant. Comment son amant elle faisait partie de la société du parti socialiste fabien, elle était une grande militante. Voilà comment Virginia Woolf la décrit : 
" Je l'ai rencontrée hier soir au dîner. Elle a des cheveux foncés, un visage ovale, pourvu d'une bouche
extraordinairement petit : un trait de crayon orne sa lèvre supérieure."
Elle était né en Nouvel-Zélande à ChristChurch. Ses parents eux aussi faisaient partie de la société fabienne. Elle fit ses études à Cambridge en 1905. La dirigeante fabienne Beatrice Webb dit d'elle : " La remarquable Amber Reeves, major d'une double licence, une personne étonnamment vive et, je suppose, très intelligente, mais une épouvantable petite païenne - vaniteuse, égoïste, et peu soucieuse du bonheur des autres ... un genre d'amitié dangereuse est en train de naître entre elle et H.G Wells .. si Amber était ma fille, je serais inquiète."  Cité dans Ruth Fry Maud and Amber. 
Voir le livre de David Lodge : Un homme de tempérament
George Darwin
Cambridge 
Elle évoque là une autre maison celle des Darwin,  plus particulièrement celle de Sir George Darwin (deuxième fils de Charles Darwin) professeur d'astronomie et de philosophie. Ce dernier était un ami de son père Sir Leslie Stephen. Elle leur rendait visite quand elle allait voir son frère Thoby. " La première chose que je vis en entrant, les pieds couverts de neige, fut une vaste salle où brûlait un feu de bois. La maison est très confortable et accueillante."
Sir George Darwin épousa Maud Dupuy, ils eurent deux fils Charles et William et deux filles Gwen (peintre, graveuse et écrivain) Margaret. 



 Hampstead

est un quartier de Londres assez chic. C'est à Hampstead que vivait les demoiselles Case. Là aussi Virginia Woolf décrit leur maison, l'intérieur. Jane Case fut son professeur de grec. Et Miss Margaret Davis était souvent invité chez les demoiselle Case à Hampstead, des vieilles filles célibataires. 
Elle fait une description de Margaret : "Miss Davies est taillée dans un bois plus dur. Ses traits sont plus acérés, ses yeux brillent davantage ; elle a dû autrefois posséder quelque chose de la beauté d'un délicat buste grec."
Margaret Llewelyn Davies était la sœur d'Arthur.


Lady Ottoline Morrell
 Un salon moderne
Virginia Woolf évoque le salon de son amie Lady Ottoline Morel. Les écrivains, les peintres tous les artistes se pressaient le jeudi soir pour se rendre chez Lady Ottoline au 44 Bedford Square
" Ses réceptions ont toujours un genre de charme romantique et une certaine distinction liée à la incongruité. Mais une fois que l'on fait état de son amour pour l'art et les artistes, on est en peine de définir ses talents plus avant. "

Les Juifs
Elle fait un portrait de Mrs Loeb une femme juive. 
Le tribunal des divorces
Un texte basé sur une célèbre affaire de "séparation judiciaire". L'importance du mariage à cet époque, il faisait parti de ses préoccupations. 

Voilà ce que Virginia Woolf dit à son amie  Madge Vaughan, voici sa définition de l'esquisse " J'écris les choses comme je les voix. Ne crois pas un instant que ma façon de voir  couvre une totalité, il me semble préférable  d'écrire ce que je sens."  Elle sait à merveille disséquer  l'âme d'une personne comme le ferait un chirurgien. Les sept textes de Virginia Woolf qui composent ce petit livre datent de 1909 et étaient restés inédits. Quand elle rédige ses " esquisses ", Virginia Woolf n'a encore rien publié - à part des articles -, elle n'est pas mariée, et ce qu'elle appelle " les démons noirs et velus " de la dépression l'assaillent déjà. Mais elle est déterminée, comme elle le dit dans son journal, " à écrire non seulement avec l'œil, mais avec l'esprit, à découvrir la vérité sous le voile des apparences ". Et on retrouvera dans ces croquis de la vie londonienne d'alors, comme le dit si bien Geneviève Brisac dans son éclairante préface, " tout son art magistral et subtil. Ce sont des pages magnifiques, où se lisent, cachés comme dans le dessin du tapis, ses angoisses, ses deuils, son amour de l'humanité, son sens de la dérision et du mystère. Ses phrases intenses et musicales. Son génie ". (quatrième de couverture). 
virginia woolf.jpg
C'est un ouvrage magnifique, très agréable à lire surtout si l'on a une passion pour Virginia Woolf et l'époque édouardienne. 

Lu dans le cadre du challenge Virginia Woolf de Lou 



5 commentaires:

Anis a dit…

C'est vraiment intéressant et j'ai très envie de le lire.

maggie a dit…

Merci pour le lien ! J'ai bien envie de le lire maintenant ! Ca se trouve facilement ?

Malice a dit…

@ Anis : Oui effectivement ;-)
@ Maggie : Oui, je comprends tout à fait en plus il y a un lien entre les deux livres.
Est ce que l'on le trouve facilement ce livre, je ne sais comment ce livre a atterri dans ma bibliothèque. Je l'ai trouvé peut-être d'occasion ! Mais ce n'est pas un livre épuisé donc c'est un livre que l'on peut trouvé facilement !

Lou a dit…

J'avais du mal à comprendre ce que contenait ce recueil, maintenant que je le sais j'ai l'eau à la bouche... que de portraits intéressants sous sa plume exquise ! Et puis je me projette déjà sur de prochains voyages anglais en compagnie de ses écrivains... J'aime vraiment beaucoup ton billet et les photos qui l'accompagnent. J'ajoute aussi ce billet au récapitulatif du challenge Woolf.

Malice a dit…

Merci, Merci, Merci ... Miss !!!!