Pages

dimanche 3 juillet 2011

MARCEL PROUST: Du côté de chez Swann



Combray c'est Illier où je suis allée pour visiter la maison de la Tante Leonie (la sœur de son père) voir ici.
Les souvenirs d'enfance, des vacances de six à neuf ans dans la famille de son père. Cette première partie s'ouvre sur le sommeil, les insomnies, le réveil, le temps qui passe la nuit, le temps de la rêverie, l'angoisse pour aller se coucher. Comme Proust le dit lui même "le drame de mon coucher." Le rituel du coucher, ce temps est lié à celui du baiser maternel. " Tiens, j'ai fini par m'endormir quoique maman ne soit pas venue me dire bonsoir"." embrasse-moi une fois encore" mais aussi lié à la lanterne magique avec Golo et Geneviève de Brabant. L'importance de la lecture de George Sand en particulier François Champi, le refuge permettant de fuir le réel. Les visites de M. Swann le fils vient voir à Combray sa grand-tante et de ses grands-parents, c'est un mondain " Un jour qu'il était venu nous voir à Paris, après dîner en s'excusant d'être en habit, Françoise ayant après son départ, dit tenir du cocher qu'il avait dîné "chez une princesse" - " Oui, chez une princesse du demi-monde !" avait répondu ma tante en haussant les épaules sans lever les yeux de sur son tricot, avec une ironie sereine.""Le milieu sociale tient une grande importance. M Charles Swan a une fille Gilberte. Il rend visite souvent les parents du narrateur chez la tante Leonie. Il a épousé une demi-mondaine et dont l'histoire est raconté dans "Un amour de Swann".

Grâce à la petite madeleine trempé dans un peu de thé les souvenirs lui reviennent à Combray : le village, ses habitants, les mœurs familiales et sociales. J'aime beaucoup le passage de la petite madeleine, cela n'est pas pour rien que ce passage est devenu une référence magistrale " Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint Jacques. La tante Léonie ne quitte pas sa chambre plus particulièrement son lit depuis la mort de son pauvre Octave. Elle observe tout ce qui se déroule à Combray sous ses fenêtres et elle en parle avec sa cuisinière Françoise ou Eulalie une femme extrêmement pieuse. " son lit longeait la fenêtre, elle avait la rue sous les yeux et y lisait du persans, la chronique quotidienne mais immémoriale de Combray, qu'elle commentait ensuite avec Françoise. Elle aimait offrir au narrateur et à ses parents des asperges. Marcel Proust évoque son ressenti à la lecture. Bergotte est un auteur pour lequel il a beaucoup d'admiration il la connu via son ami Bloch. Il est juif, il n'est pas aimé dans la famille de son père qui est catholique. Antisémite du côté paternel. Bergotte est l'ami de Swann, plus particulièrement de Giberte c'est l'amour de jeunesse du narrateur "Une fillette d'un blond roux". Mais elle le rejette.


M Vinteuil, habite du côté de Méséglise, est un musicien et sa fille lesbienne, elle a mauvaise réputation. Il évoque la mort de sa tante Léonie. "Il était loin le temps où , quand nous avions commencé à venir passer nos vacances à Combray, nous possédions autant de prestige que ma tante aux yeux de Françoise."

L'univers de Proust mélange le vrais et le faux, ses souvenirs d'enfance formés et déformés. L'importance du chiffre deux, deux "côtés" comme on dit à la campagne , le côté de Guermantes (désir de devenir un écrivain) et le côté de Méséglise (évoque l'automne, la mort, la religion des âmes simple), représentent deux directions de sa vie sentimentale et sociale. Ces deux côtés ne communiquent pas. Les Guermantes fascinent le narrateur, le milieu aristocratique "Un jour ma mère me dit : "Puisque tu parles toujours de Mme de Guermantes, comme le docteur Percepied l'a très bien soignée il y a quatre ans, elle doit venir à Combray pour assister au mariage de sa fille. Tu pourras l'apercevoir à la cérémonie." et c'est comme cela qu'il va faire sa connaissance.


En effet il y a de l'humour chez Proust, mais un humour subtil. Les cancans sur Combray entre Françoise et la tante Léonie sont très drôle, le duo des deux sœur les tantes Céline et Flora c'est pas mal aussi. J'ai comme de nombreux lecteurs essayé plusieurs fois de lire la recherche et j'ai eu du mal d'y pénétrer. Je pense que l'album " la Madeleine de Proust" a été un excellent déclencheur. Il y a beaucoup à dire, même s'il ne se passe pas grand chose mais l'univers est riche. Il est servit par une écriture sublime et raffinée. J'ai apprécié cette partie que j'ai lu avec un immense plaisir et j'ai enfin pu cerner l'univers proustien.


© George Dunlop Leslie

© Alice Théaudière


4 commentaires:

Holly Golightly a dit…

Pendant de très longues années, j'ai haï Proust tout en reconnaissant son génie (il faudrait être aveugle ou lobotomisé pour le nier). Il m'épuisait.
Il faut une grande santé pour le lire - au sens de Nietzsche.
Et puis, mon esprit s'est probablement ouvert et a gagné en force, je ne sais pas, mais désormais je l'adore. Je suis fascinée par sa prose, par sa capacité à atomiser chaque perception.
Lui et Céline sont les deux génies de l'autre siècle et même du XXIe et, même si je trouve que Céline est encore plus grand que lui, Proust, comme Chateaubriand, est un écrivain qui écrase tout ce qui précède et lui succède.
Je ne résiste pas au plaisir de citer Céline concernant Proust :
"Proust explique beaucoup pour mon goût – 300 pages pour comprendre que Tutur encule Tatave c'est trop" (lettre à Milton Hindus).
Céline me fait mourir de rire. Proust, non. Et ça, c'est une limite.

Sara a dit…

L'un de mes plus grands souvenirs de lecture : quellee phrases, quel style ! Absolument incroyable quand on y songe.Cette oeuvre est un monument dans lequel j'aime me perdre. Il y a des passages d'une beauté à couper le souffle. As-tu lu les autres tomes de la Recherche ?

Malice a dit…

@ Holly : Oui il est certain son écriture est magnifique !
Oui il est certain que quand je dit que Proust est drôle, j'entends par là qu'il y a de l'ironie, de la moquerie qui déclenche le rire. Mais oui moi aussi je ne suis pas morte de rire, pliée en deux en lisant Proust ;-)
@ Sara : Oui, entièrement d'accord avec toi ! Non je suis unique sur le 1er Tome et c'est déjà pas mal !

Marie DGME a dit…

Si vous souhaitez vous plonger dans Proust, vous pouvez aller sur Gallica, le site de la BNF... Et vous pourrez trouver les manuscrits de A la Recherche du Temps Perdu: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000496z Ce document est évidemment en mode image, mais on peut également trouver sur Gallica des livres numérisés en mode texte (et des estampes, des phtographies, des partitions). Pour en savoir plus sur Gallica, vous pouvez vous rendre sur http://cequecachangepourvous.modernisation.gouv.fr/bnf-gallica.htm